Ces dernières décennies, le vin n’a pas échappé aux assauts de l’industrie agro-alimentaire. A la vigne comme au chai, la métamorphose fut impressionnante. Le progrès est partout, l’intervention de la chimie, systématique. La diversité se tarit dans cet environnement hyper-contrôlé. Le vin est devenu un produit d’une redoutable technicité et l’homme moderne s’en gargarise. Il faudrait atteindre la perfection à chaque millésime, et ce, au détriment de la nature. D’ailleurs, la nature n’a plus son mot à dire. Elle est domptée et doit se plier aux volontés de l’industrie viticole car les enjeux financiers sont devenus colossaux…

Symptomatique de notre époque : on réduit la prise de risque pour obtenir au final un produit moyen, standardisé, qui assure des marges confortables et, nous dit-on, répond au goût du plus grand nombre, comme si celui-ci avait toujours raison.

Doit-on alors se contenter de ces vins moyens, des vins lifestyle pour l’afterwork définis selon des critères marketing ? Vite consommés et vite oubliés.

  ET DEVRIONS-NOUS FAIRE LE DEUIL DE LA DIVERSITE ET DE LA DECOUVERTE, SOURCE DE TOUS LES PLAISIRS DU VIN ?

De l’amour de faire du vin, nous sommes passés à l’ère du storytelling bien emballé. Le marketing du vin s’applique à faire rêver le consommateur de ces produits standardisés qui sont le résultat d’études d’opinions. On a trop longtemps laissé les clés du chai aux communicants (et parfois aux apprentis-chimistes) mais on peut encore changer les mentalités !

Nous voulons boire des jus avec une belle âme et pleins de surprises. L’industrie a trop longtemps veillé sur notre goût. Le progrès aurait sauvé le vin et nous avec en nous servant des breuvages qui ont perdu toute trace de vie !

Le vin est un produit vivant et doit le rester. Les viticulteurs élèvent, assemblent, créent. Par définition, toute création ne peut être parfaite et cherche à exprimer la vision d’une personnalité – elle est sensible, intime, reflète une humeur, un moment et est souvent animée d’intuitions. Et c’est ce que j’ai envie de retrouver dans mon verre.

Heureusement, nous découvrons ou redécouvrons aujourd’hui des viticulteurs qui aiment faire du vin, simplement, avec beaucoup d’exigence et un profond respect de la nature. Qu’ils cultivent en bio, biodynamie ou simplement guider par leurs intuitions, ils n’en restent pas moins à l’écoute de tous les savoirs et savoir-faire cohérents avec leur engagement.

C’est de ces vignerons, de leurs vins et de leurs terroirs dont il sera question dans ce blog – en essayant de transmettre la passion qui les animent et en faisant mieux connaître leur démarche et leur environnement. Parler, mais pas trop, de vins vivants, qui rendent heureux, qui créent de la convivialité en toute simplicité et grâce auxquels on retrouve le pouvoir de sociabilisation du vin !